Mercredi je me suis rendue à Porto-Novo sur les traces d’une correspondante perdue.
De juillet 1987 à janvier 1991, j’ai correspondu avec une Béninoise de mon âge, Jeanne. Nous avons échangé neuf lettres que j’ai gardées précieusement depuis plus de vingt ans. Neuf lettres en trois ans et demi, cela paraît peu, mais il faut compter avec la lenteur de l’acheminement postal, et surtout des perturbations liées à la transition politique qui a touché le pays à cette période. Cette correspondance avait en tout cas entrouvert pour moi une porte vers un lointain inconnu et rêvé depuis longtemps, et fait sûrement partie des multiples raisons qui m’ont poussée à demander un poste en Afrique. J’ai relu toutes ces lettres dans la voiture.
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Grâce à un ami sur place, nous nous sommes rendus dans le quartier Foun-Foun Sodji. Les gens à qui nous avons demandé de nous indiquer l’adresse restée en ma possession nous ont aiguillés de proche en proche vers le délégué de quartier, le plus à même, par sa maîtrise du quartier et de ses habitants, de nous renseigner.
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Mais la configuration actuelle des lieux rend apparemment difficile la localisation du carré 258 où habitait la famille ABATTI, qui sans doute a quitté la zone depuis. Pour le moment l’enquête tourne court… En tout cas les contacts et une promesse de filer la recherche ont été échangés avec le délégué, et j’attends avec curiosité la suite des évènements.

En retraversant la ville pour rentrer, nous avons croisé plusieurs revenants, censés apporter aux vivants des messages des morts à travers leur voix rauque d’outre-tombe. Dois-je y voir un présage ou un symbole quelconque ? Celui-ci nous a suppliés de faire vite pour prendre la photo, ne souhaitant pas être surpris en train de se faire payer pour poser… Cette vue est donc exceptionnelle !
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Eyi zaandè…

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