Pendant les vacances nous avons beaucoup lu (enfin comme d’hab, quoi), et aussi beaucoup regardé « La Cabane à Histoires », programme que j’adore autant que les enfants ! Je trouve le concept de cette série « hybride » (mélange de prise de vues réelles et d’images d’animation) tout simplement génialissime : des enfants (4 dans la première saison, rejoints par 5 nouveaux dans la deuxième) se réunissent dans une vraie cabane super cosy (coussins, déco, déguisements, de quoi occuper ses dix doigts aussi : dessin, etc…) perchée dans un arbre, remplie d’albums de jeunesse qu’ils se lisent les uns aux autres, en les choisissant pour leur lien avec la scènette qu’ils sont en train de vivre.
Mais attention ! A peine l’histoire commencée, les enfants voient les dessins prendre vie au fil de la narration… Magique. Parmi la petite bande, chacun a sa personnalité, il y en a même un qui, s’il aime bien, mine de rien, écouter les histoires, affirme ne pas aimer lire et s’identifie parfaitement au héros de papier Albert, le « détestateur de livres » (qui a pourtant, mais ceci explique peut-être cela, des parents qui lisent tout.le.temps !^^), et qui pourtant à la fin, se métamorphose en « adorateur de livres ».

Voici la bande-annonce de la saison 1 (j’aurais bien aimé trouver le générique que Sol et Lou connaissent par cœur)

C’est en allant voir le film au cinéma l’été dernier que j’avais découvert qu’il s’agissait d’une série, la première saison comportait 26 épisodes dont 5 ou 6 (je ne sais plus bien, on avait manqué le début de la séance!) étaient repris dans le format ciné (50 mn). J’étais bien désolée d’avoir manqué la plus grande partie des épisodes télévisés, mais ils sont rediffusés, et depuis le mois d’avril, la saison 2 est en cours ! Je note que dans le contingent des nouvelles frimousses recrutées, on a daigné faire place à un (tout petit) peu plus de « diversité culturelle » comme on dit… bel effort.

J’émets quelques réserves sur le jeu des jeunes comédiens  au demeurant très charmants, mais qui mériteraient sans doute d’être mieux dirigés pour gagner en naturel, mais là n’est pas mon propos.

Les albums sélectionnés sont très variés, aussi bien du point de vue des maisons d’éditions que des thématiques abordées (amitié, famille, différence, tolérance, aventure, puissance de l’imagination, ou même le pouvoir insoupçonné de  l’ennui, et j’en passe) ou dans leur univers graphiques. Il y a principalement des titres récents, mais qui n’excluent pas la remise au goût du jour de classiques comme Poucette d’Andersen, dont je suis tombée raide fan des illustrations de Charlotte Gastaut. En voici quelques pages prises sur son site :




En tous cas, comme il n’y a pas de hasard, quelques jours après avoir vu ces merveilleuses images à la télé, je suis tombée sur ledit livre chez des collègues qui revendaient une partie de leurs affaires en vue de leur prochain départ du Bénin. Du coup, le voilà sur nos étagères !

Je ne suis pas toujours séduite par le style des dessins, d’ailleurs (affaire de goût), mais je le suis toujours par la qualité et l’intérêt des histoires, pas trop longues (un épisode dure entre 5 et 15 minutes, « sketch » des comédiens compris) et qui tirent parti avec beaucoup d’astuce, de sensibilité, d’élégance et d’inventivité des ressources de l’animation en respectant à chaque fois l’univers propre de chaque livre. Et surtout, surtout, j’adore le fait que mes petits spectateurs (qui adorent « lire » seuls, ou avec moi) voient des enfants d’âges différents faire spontanément et avec plaisir la lecture à d’autres enfants, dans un univers rien qu’à eux, loin des adultes et propice à la rêverie. La mise en scène de ce partage entre pairs,  qui place l’expérience entre le dessin animé et le livre audio, et renouvelle les modalités de la lecture à voix haute, est à mon avis un excellent levier pour donner l’envie (ou la maintenir) aux enfants plus ou moins attirés par les livres, d’en fréquenter. Si j’avais eu une telle cabane à cet âge, je crois qu’on ne m’aurait plus jamais vue à la maison ! ^^
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Le concept de la Cabane à Histoires me plaît tellement que ça me donne même envie de réfléchir à comment adapter l’idée à destination des collégiens voire des lycéens, qui perdent au fil des années ce plaisir de la lecture et délaissent notre CDI pourtant riche de trésors.
Il y a certes l’hilarante version de la littérature classique revisitée par Les boloss des Belles-lettres, encore plus savoureuse racontée par Jean Rochefort :

mais j’aimerais aussi bien leur lire des textes sans ce côté second degré grinçant. Je ne désespère pas de trouver un jour une formule… mais comme je suis plutôt lente à la conception (il m’a fallu un an entre un stage sur « le jeu dans les apprentissages » et la finalisation d’un jeu de cartes pour mes lycéens, pour réviser figures de style et auteurs étudiés), on s’en reparle l’année prochaine.^^

C’est donc tout pour le moment, et c’était ma participation occasionnelle à « Chut, les enfants lisent ! »

Eyi zaandè !

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