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Lu sur le site http://www.un.org/fr/events/womensday/ 

« L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles sont les véritables gageures de notre époque et le plus grand défi que le monde ait à relever en matière de droits fondamentaux. » — Message du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres
et aussi :
« Faisant écho au thème prioritaire de la 62e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, la Journée internationale des femmes attirera également l’attention sur les droits et l’activisme des femmes rurales qui, bien qu’elles représentent plus d’un quart de la population mondiale, sont laissées pour compte dans chaque aspect de développement.
La Journée internationale des femmes 2018 est l’occasion de transformer cette dynamique en action, de favoriser l’autonomisation des femmes dans tous les contextes – ruraux et urbains – et de célébrer les activistes qui travaillent sans relâche à revendiquer les droits des femmes et à réaliser leur plein potentiel. »

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En cette journée internationale de la femme, j’étais donc conviée chez une collègue, Karine Bonnifait, fondatrice et présidente de l’association Ya tchegbo (association franco-béninoise fondée le 10 février 2016, dont le siège se trouve à Poitiers), qui nous a présenté son remarquable projet, à savoir la création d’un centre d’hébergement et de réadaptation sociale pour les femmes victimes de violences, sous la forme d’une ferme d’insertion éco-responsable, à 1h15 de Cotonou.

La soirée a commencé par un bref aperçu des violences faites au femmes au Bénin.
Un rapport commandité par le Ministère béninois en charge de la famille révèle qu’en 2010, au moins 70% des femmes ou filles (qui constituent 52% de la population) ont déclaré avoir subi au moins une fois au cours de leur vie des violences, qu’elles soient physiques (y compris sexuelles évidemment), psychologiques (brimades et intimidations au quotidien), économiques (entrave à l’exercice d’une activité générant un revenu), patrimoniales (spoliation des droits par exemple privation d’héritage…)… Ces violences sont infligées par le conjoint, la belle-famille, ou parfois la famille elle-même,  à tous les niveaux de la société, et malgré l’arsenal juridique dont s’est pourvu le Bénin depuis 2004, leur perpétuation est liée en grande partie à des facteurs socio-culturels (par exemple le poids des traditions et des préjugés au sein de la famille et dans l’éducation), ainsi qu’au manque d’instruction de la population féminine, qui pour une large part ne connaît même pas l’existence de ses droits juridiques.

Il existe aujourd’hui au Bénin, suite au projet « Empower II » à l’initiative du président Obama qui a couru de 2013 à 2017, 3 centres intégrés de prise en charge (CIPEG) des  victimes de violences fondées sur le genre, par des équipes pluridisciplinaires (médecins, infirmières, assistants sociaux…), mais aucune structure d’accueil post prise en charge, rendant quasiment impossible la réinsertion des femmes victimes, qui, en retrouvant leur communauté, seront systématiquement pointées du doigt voire harcelées (de quoi les décourager de dénoncer leur calvaire).

C’est ce manque que vise à combler Ya tchegbo, en se fixant deux missions principales, l’une psychosociale et l’autre éducative, afin de conduire les femmes vers l’autonomie :
– en les accueillant, avec leurs enfants, dans une structure dédiée pour leur permettre de se reconstruire, de restaurer leur estime d’elles-mêmes, en les accompagnant à réfléchir à leur projet de vie ultérieur en suscitant l’initiative entrepreneuriale, en (re)créant des liens avec leurs familles,
– et en les formant, non seulement par le développement de connaissances pratiques et théoriques liées à diverses techniques de cultures et d’élevages, mais également par l’alphabétisation, leur permettant de prétendre à leur sortie du centre à une activité source de revenu.

Ya tchegbo (« Les malheurs sont passés ») se propose aussi d’accueillir de la même façon des toxicomanes en postcure, afin de réduire les risques de rechute face à un phénomène en expansion au Bénin.

En deux ans (dont seulement un an d’existence reconnue au Bénin, depuis mars 2017), l’association a déjà bien avancé (lire un article béninois récent ici) : acquisition et remise en état d’un terrain de 3 hectares (défrichage, réaménagement d’une pisciculture, d’une bananeraie, création d’un forage et d’un château d’eau inauguré la semaine dernière, les plans et la maquette du centre existent déjà… il faut maintenant construire les bâtiments) et signature de nombreux partenariats, y compris à l’échelon ministériel.
Le centre ambitionne d’accueillir à moyen terme 32 femmes et leurs enfants (ce qui est une goutte d’eau face aux besoins mais les petits ruisseaux font les grandes rivières, et le projet essaimera peut-être), tout en promouvant une agriculture raisonnée et écologique (zéro pesticide et engrais chimique, maîtrise de la gestion des déchets, de la consommation et de la récupération de l’eau, autonomie énergétique grâce aux panneaux solaires, autosuffisance et vente à l’extérieur des produits de la ferme…). Le suivi des résidentes, qui bénéficieront d’une période d’accueil de 6 mois renouvelable une fois, pourra se prolonger encore 6 mois après leur sortie, par le déplacement à domicile de l’équipe, voire être assorti d’un micro-crédit pour financer leur projet.

Bref, j’ai été très impressionnée par le sérieux et la cohérence du projet, et l’implication de la cinquantaine de bénévoles que compte déjà l’association en France et au Bénin, où a été  créé un Conseil consultatif rassemblant des intervenants divers (médecin, avocat…) chargés d’apporter un éclairage local sur les problématiques abordées et favoriser, par leur connaissance de la culture et des usages béninois, l’acceptation du projet par les populations concernées.

C’est la raison pour laquelle j’ai choisi d’en parler ici : si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à parler de cet article autour de vous ou à le partager  sur vos réseaux sociaux, et à visiter la page Facebook de Ya Tchegbo, qui a besoin d’un large soutien et auprès de laquelle, en tant qu’association reconnue d’utilité publique en France, les dons sont déductibles des impôts à hauteur de 66%.

En attendant, la Journée de la femme reste un bon prétexte commercial pour certains : cette année, selon une commerçante burkinabé, « il n’y a jamais eu autant de modèles de pagnes de 8 mars »… il n’y a pas de petit profit.

Eyi zaandè !

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Depuis 3 ans, j’éprouvais des difficultés pour lire : concentration, performance, temps…alors que je craignais de ne plus pouvoir retrouver ma capacité de lecture « d’avant », avoir tenu, cette année, la liste de tout ce que j’ai finalement lu m’a rassurée. :) Je me la remets donc ici pour mémoire.
Je ne suis pas arrivée au bout de certains titres, mais relativement peu. Je me congratule donc pour cette bonne surprise : me voici revenue en terre de lettres.

Bilan d’une année scolaire de lectures… de septembre à début juin. Vive le CDI ! En gras sont signalées mes lectures les plus marquantes.
En B.D.:
Ce n’est pas toi que j’attendais, de Fabien Toulmé, sur la venue au monde d’un enfant touché par une trisomie 21 non détectée pendant la grossesse ni à sa naissance, très touchant
Un océan d’amour, de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione, bd muette hilarante nous faisant voyager de la Bretagne à l’Amérique et retour
Au revoir là-haut, de Pierre Lemaître et Christian De Metter, qui m’a donné envie de lire le roman (prix Goncourt 2013) dont elle était adaptée
Varto, de Gorune Aprikian et Stéphane Torossian, sur le génocide arménien fui par deux enfants
Catharsis, de Luz une tentative pour exorciser l’attentat de Charlie Hebdo
Mots rumeurs, mots cutter, de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini, dont je me suis demandée si je n’allais pas l’utiliser en heure de vie de classe avec mes 5e
Vingt mois avant, d’Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, le 1er tome du prequel de la cultissime série De cape et de crocs
Zaï zaï zaï, de Fabcaro, d’un burlesque complètement délirant mais tellement bien vu sur les dérives d’une société de plus en plus suspicieuse et intolérante
La Dame de Damas et Le printemps des Arabes, de Jean-Pierre Filiu (spécialiste du Moyen-Orient) et Cyrille Pomès (pas fini le second titre par manque de temps de cerveau disponible)
Berlin La ville divisée, histoires contemporaines, de Susanne Buddenberg et Thomas Henseler, qui fait revivre le temps d’avant la chute du mur et des passages risqués de l’est à l’ouest
Les carnets de Cerise (tomes 1,2,3), d’Aurélie Neyret et Joris Chamblain, une bien sympathique bd à destination des collégiens
Pico Bogue (tomes 1 et 2), de Dominique Roques et Alexis Dormal, entre profondeur existentielle et dérision, qui m’a donné envie de lire les 7 tomes suivants ^^
Couleur de peau : miel, de Jung, une trilogie sur l’adoption en Belgique d’un enfant coréen hanté par le souvenir fantasmé de sa mère, dont j’aimerais bien aussi voir le documentaire/film d’animation
Reportages, de Joe Sacco, auteur de BD et journaliste, une manière intéressante de traiter l’actualité, mais pas fini par manque de motivation et d’énergie
Journal d’Anne Franck (L’Annexe : notes du journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944), de Nadji et Antoine Ozanam, une adaptation plutôt très fidèle
Give peace a chance (Londres 1963-75), de Marcelino Truong, pas fini mais je pense qu’il aurait fallu que je commence par lire, du même, Une si jolie petite guerre (Saïgon 1961-1963)
En silence, d’Audrey Spiry, avec un magnifique et très original graphisme (merci Coco pour le cadeau !)
Les esclaves oubliés de Tromelin, de Sylvain Savoia carnet de voyage rendant compte d’une expédition archéologique sur les traces d’un navire négrier naufragé qui abandonna sa « cargaison » sur un îlot perdu au beau milieu de l’océan indien
Pas de visa pour Aïda, de Nadège Guilloud-Bazin, dont j’ai aimé les couleurs et les dessins mais dont j’ai trouvé très confuse la narration de ce refus de visa à une professeure de français sénégalaise
– et d’autres, juste feuilletée vite fait en passant…

En littérature générale:
Le passeur, de Lois Lowry, un grand classique de la dystopie qui ne vieillit pas, parfait pour les 3e
Chocolat, la véritable histoire d’un homme sans nom, de Gérard Noiriel, un livre touffu entre biographie romancée et fiction d’historien, sur le fameux clown noir bien connu du public parisien de la fin du XIXe siècle (j’aimerais d’ailleurs voir le film qui s’en est inspiré), dont je n’ai pu venir à bout
Autour de ton cou, nouvelles de Chimamanda Ngozi Adichie (Nigéria) aimé +++ et qui m’a donné envie de lire un jour son gros roman Americanah
Le Bonheur, comme l’eau, nouvelles de Chinelo Okparanta (Nigéria)
Une saison blanche et sèche, d’André Brink (Afrique du sud), qui fait froid dans le dos (abandonné par manque de temps mais dont j’aimerais voir l’adaptation au cinéma)
Le pire concert de l’histoire du rock, de Manu Causse, un roman pour ado très sympa et vite lu
Le tour du monde en 72 jours, de Nellie Bly (plus forte que Philéas Fogg !) qui m’a fait découvrir à ma grande surprise que la réalité dépassa la fiction en 1889
Des souris et des hommes, de John Steinbeck, une relecture rapide et fort appréciée
Biogée (quelques extraits en diagonale), de Michel Serres, pour les oraux blancs du bac, inclassable mais intéressant, encore à notre programme de 1ère l’an prochain
Récits des marais rwandais, une trilogie de récits recueillis par Jean Hatzfeld sur le génocide de 1994 : Dans le nu de la vie, témoignages, en 2000, de rescapés tutsis qui m’ont marquée au-delà du dicible en m’obligeant à prendre acte que n’importe lequel d’entre les hommes peut, avec une bonne propagande, devenir du jour au lendemain un tueur de sang-froid, sans scrupules ni doutes pourvu qu’on l’assure de l’impunité; Une saison de machettes, récits en 2003 du génocide appréhendé du point de vue des tueurs hutus, désolant; La stratégie des antilopes, sur une tentative politique (impossible) de réconciliation des victimes et des bourreaux lorsque ceux-ci commencèrent à sortir de prison, en 2007
Arthur Rimbaud, le voleur de feu, de Sarah Cohen Scali, qui m’a permis de changer (en mieux, même si je n’ai pas tout aimé) mes préjugés sur ce roman qui est une première approche de l’univers et de la biographie du jeune poète prodige de la fin du XIXe siècle
La mort du roi Tsongor, de Laurent Gaudé, relecture partielle et frustrante car inachevée par manque de temps
L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono, adapté en 2002 en un très beau court métrage d’animation canadien
Au revoir là-haut, 600 pages, donc, sur l’après-guerre de 1914-18 et l’arnaque la plus folle de deux poilus laissés pour compte, de loin préféré à son adaptation en bd
Le bizarre incident du chien pendant la nuit, de Mark Haddon, super
Indignez-vous de Stéphane Hessel, enfin lu après des années à traîner dans ma pile de lectures
Le vieux qui lisait des romans d’amour, de Luis Sepulveda, lui aussi sur ma pile à lire depuis looongtemps.
Si c’est un homme, de Primo Levi, sur lequel tout a déjà été dit et écrit, lecture malheureusement interrompue à cause des contraintes de fin d’année, mais qui m’a redonné envie d’aller chercher dans les bacs du CDI la BD de Pietro ScarneraUne étoile tranquille, portrait sentimental de Primo Levi que j’avais feuilletée rapidement

Et bien sûr je ne parle pas de la littérature de jeunesse version 3 ans, qui est mon quotidien. ^^ Malgré tout, gros regret de n’avoir pu suivre jusqu’au bout, par manque de temps à y consacrer, le passionnant MOOC « Il était une fois la littérature jeunesse », auquel je m’étais inscrite en février sur la plateforme Fun Mooc.

Regret aussi de ne pas (encore) avoir trouvé le bon moment pour m’atteler à la lecture de deux gros romans: Le Chardonneret de Donna Tartt, et Les corrections de Jonathan Frantzen, dont je ne doute pourtant pas un instant de l’intérêt (Hélène si tu passes par là, sache qu’ils ont pourtant toujours été tout près de moi… et qu’ils vont probablement me suivre dans l’avion). Pincement au cœur aussi, déjà, en sachant que les lectures de vacances, qui m’apparaissent toujours comme une oasis riche de promesses en tous genres, seront en (grande) partie à consacrer aux programmes, notamment celui de Première que je vais redécouvrir après 5 ans de pause et qu’il me faudra maîtriser sur le bout des doigts avant la rentrée…

Voici voilà ! Et vous, qu’avez-vous à me recommander ?
Eyi zaandè !

Vous (« amille » = amis+famille) qui passez peut-être encore par là de temps en temps, avez remarqué un net ralentissement de l’activité de ce blog, qui devient de moins en moins exotique, de moins en moins illustré de photos pittoresques ? Eh oui… En revanche, il y a un sujet que je maîtrise à fond et qui ne cesse de m’émerveiller depuis 14 mois, c’est la croissance des fruits de la passion.  Alors, même si ce n’est pas là la vocation première de ce blog, je m’autorise pour une fois à poster ici le « bilan mensuel » de Sol et Lou, ainsi ça m’évitera des oublis de destinataires dans les mails, et en prendra connaissance qui veut.  chahut_solelou0122

Que font Solélou à 14 mois ? 14 mois déjà aujourd’hui ! Et comme on nous l’avait promis, nous ne cessons de nous répéter que « ça passe vite ! » quand nous voyons à quel point les petits bébés d’hier sont en train de devenir des petits enfants qui galopent partout, escaladent tout, comprennent tout, rigolent et communiquent beaucoup (par quelques mots et gestes notamment) et nous font toujours beaucoup rire.

Plus précisément, dans le désordre et sans exhaustivité…

Lou adore particulièrement : sa « tétinn’ » ; les gros câlins ; dire « kpata kpata » (qui veut dire « tout » en mina, c’est son père qui lui a appris) à toute vitesse à tout propos, ce qui fait rire tout le monde, surtout les Béninois ; fermer les portes et la barrière de sécurité en bas de l’escalier si nous oublions de le faire ; marcher sur la pointe des pieds, courir, danser des épaules et des fesses, et en tournant sur elle-même ; taper dans un ballon ou tout autre petit objet pouvant se déplacer au pied ; parler ; mettre, déranger puis ranger ses (et nos) « saussu’ » ; s’adresser à Isabelle en l’appelant sur tous les tons (doux, interrogatif, autoritaire, bref…) « dada !?» ; bavarder dans sa langue avec beaucoup d’expressivité ; aller vers d’autres enfants, même grands et agités ; dire « baba’ »(bybye) quand qqn disparaît de sa vue ; faire tout toute seule (ex: se promener dans la rue sans tenir la main [heu savapas nanmého], nager sans qu’on la tienne [bravo !!!]…), la pâte de maïs (wo) goûtée pour la première fois cette semaine ; …

Sol adore particulièrement : les fleurs et les feuillages des arbres (même s’il en a peur quand on s’approche trop près) ; ses doudous et son pouce ; faire des traces au crayon gras, et pas seulement sur une feuille (monsieur est un taggeur en puissance);  manger, tout ; monter les escaliers debout comme les grands (avec de l’aide quand même) ; se faufiler sous les chaises et les tables ; pousser son trotteur en courant à fond, le soulever pour faire demi-tour ; rire en voyant sa sœur ou ses parents faire ou dire des trucs drôles (ou pas) ; rire, en général ; répéter très bien des mots quand ça lui chante ;  nous prévenir quand sa couche est à changer : « caca ! caca ! » ; danser en pliant les genoux en ressort avec beaucoup de décontraction et de dynamisme à la fois, et tourner en tenant ses poches ; déménager les chaises ; se coiffer tout seul ; pointer du doigt les (ventil)« ateu’ » qui tournent vite ou parfois s’arrêtent quand il y a coupure de courant ; que papa lui fasse faire des roulades…

Lou n’aime pas : le fromage ; la mangue en morceaux (mais en purée ça va); que maman s’éloigne d’elle (surtout le soir) ; qu’on lui prenne quelque chose des mains ; les auscultations chez le docteur…

Sol n’aime pas : sortir de la baignoire et arrêter de barboter avec les mains dans le seau qui sert à la douche ; devoir se rincer la bouche après le brossage des dents (le dentifrice à la fraise c’est trop bon) ; la pâte de maïs (étonnant !)…

Goûts communs : tout explorer (évidemment) ; faire tomber les tours de cubes ou de gobelets en faisant du bruit (évidemment) ; se faire balancer en hamac dans un pagne (rigolade assurée, surtout quand celui qui n’est pas dans le pagne taquine l’autre) ; aller à la piscine ; se cacher les yeux avec les mains puis faire coucou (et depuis peu, se cacher dans le rideau de l’entrée); les livres lus souvent par maman (et parfois par papa) ; la chanson et les gestes de « tête, épaules et genoux, pieds », grand tube du moment ; manger un morceau de pain après le biberon du matin (l’autre jour en voyant le pain sur la table Louna a fait « miam miam ! »^^) ; se faire donner la becquée (quand papa mange une pomme, par exemple) ; répéter des mots ; les parties de chahut câlins/bisous entre eux ou avec nous ;

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la petite étoile musicale de Papyloup et la veilleuse de Tata Cheveux ; téléphoner et skyper avec leurs grands-parents ; dire « non », qu’ils savent prononcer avec précision depuis peu (mais c’est plus pour jouer que pour s’opposer, pour le moment…) ; faire « mon cheval il va au pas/au trot/au galop » sur maman ou du rodéo sur papa ; pousser sa sœur/son frère quand je leur fais un câlin à tous les deux en même temps, pour être tout(e) seul(e) dans mes bras ; chercher et observer les « za’ » (lézards), et les oiseaux (« fafafa » selon Louna); balayer !…

Tous deux n’aiment plus vraiment (voire vraiment plus) les balades en poussette (ils ont tellement grandi qu’ils y sont un peu coincés, mais difficile pour Isabelle de les sortir autrement pour le moment quand elle est seule avec eux). Vous jugez donc bien que nous ne nous ennuyons pas à la maison, et ce n’est pas pour nous déplaire. Eyi zaandè !

Lorsque Holly émerge trop tard de son sommeil en ce matin de Noël, elle peine à s’extraire d’une soudaine et lancinante intuition : « Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.»
Ce leitmotiv entêtant, cette prescience d’une révélation qui se dérobe à elle, va accompagner et rythmer cette journée parsemée de contretemps et contrariétés (blizzard michigan d’anthologie retardant les proches et la belle-famille invités au déjeuner traditionnel, mari retenu par l’hospitalisation imprévue de sa vieille mère, adolescente rétive qui semble vouloir punir sa mère pour ce réveil inhabituellement tardif en provoquant d’incessants conflits…). Bref, la confusion s’installe dans un temps suspendu comme la neige, n’aidant guère Holly, écrivain à la plume empêchée depuis des années, à ordonner et donner un sens à tous les souvenirs qui l’assaillent, de l’adoption de sa fille treize ans plus tôt en Sibérie à cette matinée où rien ne se déroule comme elle le souhaiterait… comme dans un mauvais rêve…

J’ai mis du temps à vraiment entrer dans la lecture de ce roman, dont les bribes lancinantes et répétitives de souvenirs qui le constituent m’ont d’abord donné le sentiment de m’engluer moi-même dans les méandres de la lassitude et du désarroi croissant de la narratrice, de plonger dans son engourdissement hébété (ma fatigue de ces derniers jours écrasants de chaleur, a contrario du blizzard, aidant sûrement aussi). Mais peu à peu, de nouveau détail en réajustement, se dessine la fatalité de la révélation pressentie qui s’impose enfin à Holly après un long déni ; et le dernier quart du roman devient vraiment haletant, oscillant entre le fantastique et l’issue inéluctablement catastrophique de ce huis clos répondant parfaitement aux unités de temps, de lieu et d’action de la tragédie la plus classique.
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Après une brève recherche sur l’auteure, je ne suis pas sûre d’avoir envie de lire un autre livre autant pétri d’angoisse (les deux dernières pages sont vraiment glaçantes), mais force m’est de reconnaître qu’elle fait preuve d’une écriture et d’une science de la construction narrative dont l’économie maîtrise parfaitement ses effets. De plus, la finesse dans la description des relations parfois ambivalentes entre mère et fille, renforcées par la problématique du long chemin de l’adoption internationale sinuant entre fol espoir et déchirement, la malédiction familiale qui pèse sur Holly et sa frustration latente d’écrivain, donnent à ce monologue intérieur une profondeur qui ne peut laisser indifférent.

Je suis contente de pouvoir maintenant m’attaquer, avec plus de légèreté sans doute, au second roman prêté par une collègue via la « bibliothèque tournante » organisée depuis peu par une autre collègue : Une place à prendre, de J.K. Rowling, aussi gros que le plus gros de ses Harry Potter. Vivent les vacances !

Entre  deux orages / jours de beau temps / réunions de travail / piles de copies en retard / temps d’attente et rongements de frein… / passes de salsa / miqûres de poustiques / semaines de cours / retards de sommeil / démarches et contingences diverses, etc. (comme chez vous, quoi…)
Le temps a tendance à filer très très vite, et moi à laisser le blog un peu à l’abandon, faute de nouveauté… alors juste pour vous faire un coucou, voici quelques photos toutes chaudes de cet après-midi un peu posé, pour une fois : il peint sous la direction d’une amie, je traîne, flâne, photographie les ptites fleurs de chez nous et du voisin, pour ne pas oublier comment on fait…
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Pour le bissap : il y a autant de recettes que de cuisiniers/ères, mais pour ma part je mets une poignée de feuilles dans un litre et demi d’eau portée à ébullition avec trois cuillères à soupe de sucre, un bouquet de menthe fraîche, et hop, à refroidir. Super désaltérant.

Eyi zaandè !

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Samedi dernier, Abi m’avait proposé de l’accompagner dans un tour en avion privé au-dessus de Cotonou. Je vous laisse deviner si j’ai hésité longtemps avant d’accepter !
En plus, le temps était clair et le vol parfait car nous avons eu la chance et l’honneur d’être pilotées par l’Attaché de Défense près l’ambassade de France, le colonel Deuwel, grâce à qui nous avons passé une grosse demi-heure à nous réjouir comme des gamines des paysages découverts depuis le ciel (lorsque je décolle et atterris avec Air France, c’est toujours dans la nuit noire, et la découverte de ce paysage était donc une grande première pour moi).
Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand.

Nous avons décollé face à la mer et avons longé le quartier de Fidjrossè et un  bout de la route des pêches au-dessus de l’eau…
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…avant de prendre vers l’intérieur des terres. Nous avons croisé la route de Ouidah…
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…puis avons piqué vers le village lacustre de Ganvié, au bord du lac Nokoué, où les pêcheurs ont une bien poétique façon d’entourlouper les poissons :
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En retournant vers Cotonou nous avons eu un aperçu de l’immensité du lac :
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Puis nous avons retrouvé la ville. La place sainte-Cécile à Aïdjèdo (au fond, près du pont, l’emplacement du fameux et gigantesque marché de Dantokpa) :
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La place de l’Etoile Rouge, héritage de la Révolution (pour aller dans la direction de chez moi, il faut prendre l’avenue qui passe devant le grand immeuble à droite) :
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J’espère que la balade vous a plu et rafraîchi l’esprit autant qu’à moi.
Eyi zaandè !

Un projet de ferme aux insectes au lycée est dans les cartons de ma cop Céline, du coup, elle nous a concocté une petite sortie d’étude, qui nous a emmenés, une vingtaine de profs, en bus à Zinvié où nous avons parcouru la forêt, visité une ferme halieutique et où mes phobies ont été mises à l’épreuve… heureusement que j’ai pu me cacher derrière mon fidèle appareil photo, bonne excuse pour avoir les mains occupées !

Car soyons claire : pas moyen de me faire toucher l’une des bestioles qui suivent (quoique, poussée par la curiosité, j’ai quand même tâté du bout d’un doigt, de loin, la dernière bébête, pour voir, et ce qu’on en dit, hmmmm… c’est très surfait) !

Quelques images brutes de boîtier (cliquables si vous voulez les contempler plus à l’aise) de cette journée écrasante de chaleur. Je commence en douceur avec une petite libellule pour aller crescendo ensuite (âmes sensibles vous êtes prévenues)…

…une chenille maousse inconnue même de notre guide local…

… un criquet fashion victim (j’ai d’ailleurs rapporté de cette journée un coup de soleil presque aussi fluo que lui, si je vous dis que ce soir ma peau boit la Biafine, ce n’est pas juste pour le plaisir de la métaphore)…

…deux iules de taille respectable (heureusement que celles qui rentrent parfois chez moi sont loin d’être aussi grosses !)

… un petit sac à puces dormant du sommeil du juste dans le musée-vivarium de l’asso…

… et un mignon python comme bouquet final !

Et voilà, même pas peur… Eyi zaandè !

Maxime Simon se cache au fin fond d’une minuscule boutique sise au bout d’un petit bas-fond de Vodje (un quartier de Cotonou), mais Maxime Simon est un grand homme.
Car Maxime Simon a réparé mon D60 qui, depuis 15 jours, d’un coup d’un seul, s’était bloqué lors d’une prise de vue et refusait de prendre la moindre photo en m’affichant sur l’écran de contrôle : « Erreur. Appuyez de nouveau sur le déclencheur ». Sueurs froides et grosse contrariété.
Car appuyer sur le déclencheur ne produisait strictement aucun changement au problème. Quant au manuel de l’utilisateur, pour bien finir de me rassurer, il me proposait comme solution: « Appuyez à nouveau sur le déclencheur. » (hinhinhin… bon, je sais que je suis blonde, mais je ne suis Nikrétinn Nikon) « Si le problème persiste, contactez un représentant Nikon agréé. » Tu m’en diras tant… à Cotonou… et pour un appareil qui n’est plus sous garantie…
Argh. J’ai bien trouvé un tuto DDTS (Démerde-Toi Toute Seule) sur le net, un peu risqué selon moi, mais j’étais prête à essayer… seulement, la dernière vis à ôter a presque fait céder mon tournevis refusé de céder à mon tournevis. Désespoir, enfer et damnation. Quoi ! Plus d’appareil ? plus de photos ???

Heureusement, par relation de relation interposée (grâce au réseau de mon maxi’m’homamoikejaime), j’ai donc fini par me rendre, samedi, en ce lieu improbable où jamais de ma vie je n’aurais osé imaginer porter mon réflex à réparer. Mais la compétence du gars au téléphone, qui au seul énoncé du message d’erreur avait été capable de reconnaître le modèle de mon appareil, m’avait quelque peu rassurée, sinon tranquillisée.
Mon jouet préféré a donc passé le week end chez Maxime Simon, qui m’avait promis que je pourrais le récupérer lundi matin à 11h. J’ai mal dormi dans la nuit de dimanche à lundi, cauchemardant des pannes toutes plus pénibles les unes que les autres. Comme j’étais « trop précise » (eh oui ! ma ponctualité proverbiale, que dis-je, légendaire, me perdra – mégalol !), je suis arrivée alors qu’il fallait attendre « encore au moins 30 minutes », et je ne vous dis pas le petit pincement au coeur qui m’a saisie lorsque j’ai vu l’intérieur du D60 déboîté entre les mains (certes expertes, mais quand même ça fait drôle) de l’homme de l’art.

En tout cas, sa mission impossible a bel et bien été remplie, car depuis que je l’ai repris en main remboîté comme il faut, tout fonctionne comme au premier jour. Ouf ! Verdict : c’était une bobine HS qui avait bloqué le miroir en position haute. Oui, c’est technique, mais on est précis ou on ne l’est pas. Et moi quand c’est précis, j’apprécie.

Alors je dis: bravo et merci Maxime Simon ! (son contact si par hasard ça vous intéresse ;-) est 00229 97.87.82.98)

Eyi zaandè !

Vendredi soir la semaine dernière, lendemain de mon retour,  je me présente donc à nouveau au comptoir, à 23h, pour récupérer mes valises à la fin du déchargement de tous les autres bagages « réguliers » (c’est la procédure). Et là, je rentre bien en possession de mes deux valises mais l’une d’elle n’a plus que deux roulettes en diagonale au lieu de quatre en carré, évidemment ça roule beaucoup moins bien, surtout chargée à bloc… Réclamation déposée au comptoir, et service client de la compagnie contacté en agence sur place, il se trouve que ce n’est ni réparable, ni remplaçable ici même par le même modèle… si je ne suis « pas trop exigeante », « on » peut me racheter ici, au Bénin, une valise similaire  (hmmm, sachant la provenance et la qualité des bagages vendus dans le coin, je passe mon tour). Je n’ai donc plus qu’à me renseigner pour voir si quelqu’un qui voyagerait dans les trois mois veut bien se charger de me rapporter une valise équivalente achetée en France (sous réserve qu’elle corresponde au forfait d’indemnisation).

Qui veut venir me voir  au Bénin avec une valise neuve ? ^^

Bon, trêve de rigolade (je vous ai fait grâce de l’odeur des 3 fromages ayant séjourné 36h hors réfrigérateur dans l’autre valise ), en dehors de ça, tout va bien et la rentrée s’est bien passée.

Eyi zaandè !