Archives des articles tagués Bénin

Deux petits vélos sur le toit, une glacière et une valise dans le coffre
Une heure de route tranquille à l’heure de la sieste, suivie de six kilomètres de piste, cailloux, ornières et cahots
Le Royal Paradise Hotel tout près d’Allada
Une oasis étonnante perdue en pleine campagne, un havre de fraîcheur et de paix
Une piscine accueillante, des sauts, des éclaboussures, des rires, une petite frousse à cause d’un requin imaginaire ^^
Un peu de lecture entre deux ploufs
Du soleil, de la brise, des nuages, des averses, des éclaircies, de la chaleur
De bons petits plats, des frites délicieuses, un hébergement confortable
Des enfants heureux, fourbus d’une saine fatigue
Un caméléon, un beau papillon, un drôle d’insecte non identifié
Une partie de baby foot en famille
48 heures de détente un peu trop courtes mais bienvenues
Qu’est-ce que c’était bien !

Eyi zaandè !

boit la  tasse, mec
la taspèque
la pastèque… rhââââ, pastek
pas skate non plus
la « pasket » ! pfffiouuu… quelle chaleur !

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(sisi, c’est bien un jus d’ananas et pastèque, en fait !…)

Eyi zaandè !

Ce soir était inaugurée la première exposition en solo du plasticien et sculpteur béninois Marius Dansou, qui présente le fruit d’un long travail sur les nattes africaines entrepris depuis 3 ans.

Ces têtes sont toutes pareilles, mais la coiffe change. Au Bénin on dit que la société se raconte sur les têtes, dans la coiffure de l’être. L’oralité transmet les paraboles, les règles de vie, et la coiffure reflète la place sociale du personnage. Marius propose ses têtes : celle à la ligne épurée, à la courbe neutre et l’occiput universel ; pour ensuite développer la fibre capillaire. 

Tressé, torsadé, travaillé avec une infinie variété de formes, le fer rivalise de légèreté et d’élégance avec ces têtes aux cous graciles pour élancer vers le ciel de majestueuses coiffures.

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Une exposition qui vaut vraiment le détour, à voir du 10 mai au 10 juin.
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Eyi zaandè !

Je reviens d’un concert comme je n’en avais plus entendu depuis… au moins… hum, longtemps : Les Ogres de Barback étaient sur scène à l’Institut Français ce vendredi pour y jouer leur spectacle d’anniversaire de leurs 20 ans (+2 !) monté en compagnie de l’excellentissime fanfare béninoise Eyo’nle ! (« Réjouissons-nous » en yoruba)

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« A force de se croiser sur différents festivals, les Ogres de Barback et la fanfare Eyo’nlé ont commencé à échanger, à rêver ensemble. Après leur venue au Bénin, les Ogres ont proposé à Eyo’nlé de les accompagner pendant la tournée de leur 20 ans. C’est suite à l’expérience magique de la scène ensemble que l’idée d’une collaboration approfondie a émergé : créer un répertoire commun, nourri des rythmes propres à chacune des formations !  » (source : IFB )

Si les premiers ne sont pas une découverte pour moi (je me souviens avec émotion les avoir vus en concert au Cirque en dur d’Amiens à leurs tout débuts, alors que j’étais moi-même une jeune étudiante – mon  Dieu mais est-ce possible ?comme le temps passe vite !), les seconds (comprenant aussi  une fratrie) sont en revanche une vraie révélation en ce qui me concerne ! Quelle pêche, quel son chatoyant, quelle précision, quelle générosité dans le jeu ! Tout cela allié à l’énergie enflammée que les 4 frères et soeurs n’ont pas laissée s’éteindre au fil des années, à des reprises de leurs plus anciens succès réorchestrés (comme « La femme du guerrier » dont le texte me donne toujours des frissons) et de quelques chansons arrangées à la « sauce Ogres » de sources d’inspiration de référence dans la chanson française (Brassens, Pierre Perret ou Renaud) (parmi leurs autres influences aussi diverses que variées), mais surtout à une vraie rencontre de deux répertoires musicaux qui se mêlent intimement pour donner tout son sens au terme de « métissage » culturel si souvent galvaudé.

Jouer à Cotonou, même dans une telle configuration, n’est pas si simple, le public n’est pas forcément acquis d’avance, même parmi les yovos, et pourtant, à la fin du concert, toute réserve naturelle surmontée (à commencer par la mienne), tout le public finit debout, galvanisé et réjoui ! Paris gagnant donc ! Et dire que j’avais failli renoncer à y aller, quelle erreur et quels regrets c’eût été ! Et tout ça pour la modique somme de …? 6 euros (parce que je ne suis pas adhérente cette année, honte à moi !). La vie est belle.

Je vous invite vraiment de tout cœur à aller écouter les quelques morceaux du double album des 20 ans (CD1) en libre accès sur le site officiel des Ogres, de même que les titres disponibles à l’écoute sur le site d’Eyo’nle Brass Band (par exemple leur version du « Poinçonneur des Lilas » !), et vous saurez quoi m’offrir  pour mon anniversaire (ceci est un message non subliminal) ! ;)

Eyi zaandè !

 

Cette année le mois de septembre est très frais, alors qu’on devrait déjà avoir bien chaud… Du coup, je suis plus encline à la dégustation de petites douceurs roboratives telles ces beignets de bananes typiquement béninois, faciles à faire (surtout quand c’est moi qui les fais pas, ou quand c’est pas moi qui les fais… enfin bref) et vite mangés. Jugez plutôt :
Quelques petites bananes « dessert » (variété mini, environ 12 cm de long) très mûres, réduites en purée bien lisse, mélangées avec environ 1/3 (?) de leur poids en farine (de blé), et déposées en petits tas dans un fond d’huile bouillante pour frire jusqu’à être bien dorées.
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Comment ça, « c’est pas très précis » ? Bon, Isabelle a le coup de main et le coup d’œil pour juger de la quantité (ni trop ni trop peu) de farine à ajouter à la purée de bananes, de manière à ce que les beignets ne s’affaissent ni ne collent dans la poêle, et nous nous régalons tous !… D’ailleurs il n’a pas fallu deux fois à Louna et Solal pour ajouter à leur vocabulaire le mot de « talé-talé », et notre petit gourmand a même eu un gros chagrin quand sa première dégustation a pris fin. ^^

Bien sûr, les puristes l’apprécient avec du piment, certains ajoutent du sel et de l’oignon à la recette, mais nous pour le goûter c’est tout simplement et naturellement sucré comme ça qu’on le préfère.

Eyi zaandè !

C’est le titre d’une exposition qui s’est tenue à l’IFB du 14 avril au 29 mai, je suis donc en retard pour en parler…
« Et si au XXIIe siècle nos habits étaient composés seulement d’objets recyclés ? Bouts de plastique, gobelets et sachets tressés, canettes et sacs de lessive… »

Il y a donc deux mois (déjà !) que  j’ai assisté, lors du vernissage, à un drôle de défilé de robes (de plage, de bal, de cocktail) toutes spectaculaires voire parfois sculpturales, en matériaux recyclés en tous genres (gobelets, sachets plastiques divers, sacs de riz, canettes de métal découpées…) signées Prince Toffa, couturier plasticien béninois, et portées par des mannequins… masculins. Evénement inaugurant une exposition de magnifiques photos en N&B de Sophie Négrier, photographe, desdites robes portées en extérieur par leur créateur, robes dont certains modèles étaient exposés aussi, telles des installations. C’était bien beau à voir, un travail commun plein de créativité, et l’occasion de réfléchir, qui à notre rapport aux déchets que nous produisons et à leur recyclage (et il y a du boulot dans cette partie du monde, où malgré la récup’ on est bien loin d’enrayer le fléau de la pollution par les emballages), qui au rapport entre art et société de consommation, entre création et pragmatisme, qui au genre des vêtements dans la culture occidentale, en se rappelant que par le passé et même encore à présent, dans diverses cultures, les hommes portèrent ou portent des « robes » sans déchoir de leur virilité (ce qui était bel et bien le cas des modèles défilant ce soir-là)…

Impossible de ne pas voir de malicieuse provocation derrière le titre de l’exposition, car au plan du confort et de l’aspect pratique, je ne vois pas comment de telles créations seraient portables, mais la question a le mérite d’être posée… et elle le reste pour l’instant même si l’expo est finie.

C1 - Et si le XXII eme siecle©sophie negrier_ C2 - Et si le XXII eme siecle - Prince Toffa©sophie negrier_

Cotonou est une ville de contrastes, notamment entre la modernité de certaines technologies d’une part et l’archaïsme de certaines techniques de l’autre. Je me souviens de mon arrivée.  Quelques dizaines de mètres après la sortie de l’aéroport, et bien que la voiture qui m’emmenait filât dans la nuit sombre, j’avais été frappée par ce que, formatée par ma vision de yovo jamais venue en Afrique, je n’osais pas croire être un échafaudage… et pourtant, ce fouillis de troncs tordus, liés les uns aux autres à la Numérobis et n’offrant aucune sécurité aux ouvriers, en était bel et bien un ! C’est tellement l’ordinaire que maintenant, lorsque j’en vois, je ne m’étonne même plus, mais il y a tellement d’autres choses surprenantes que, comme je l’ai entendu dire d’un patron de lodge établi en Afrique depuis 20 ans, « on arrive toujours quand même à être étonné ».
Les photos suivantes ont été prises il y a quelques jours tout près de chez moi, c’est à dire dans l’un des quartiers les moins populaires de Cotonou. Un clic sur les photos pour agrandir
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Eyi zaandè !

Coucou, me revoilou…

Du toit-terrasse d’un immeuble de 3 étages, vue sur la mer pas tellement glamour… vue sur un immeuble coloré…
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en redescendant au sol, pas beaucoup plus glam…
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et en repassant le pont vers l’ouest, ce « MacBouffe », qui m’amuse à chaque fois.

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Eyi zaandè !

Le 1er août, date de la fête de l’indépendance du Bénin, a été pluvieux, faisant tomber à l’eau (haha) les festivités prévues,  et ce n’est pas la seule déconvenue que de nombreux Béninois ont eu à affronter: la promulgation d’un arrêté rendant (une fois de plus) le port du casque obligatoire à moto (une tentative en 2011 s’était soldée par un rapide passage aux oubliettes après une ou deux semaines d’observance par une minorité de la population) crée la controverse. Si personnellement, je juge plus qu’ utile une telle mesure, la vue de motocyclistes sans casques me laissant toujours la chair de poule surtout quand il s’agit de bébés portés au dos, j’avoue que sa mise en place n’est pas des mieux pensées : c’est la majorité de la population qui se déplace en moto ou en zem à Cotonou, n’ayant pas les moyens de faire autrement. Toutes ces personnes n’ont évidemment pas non plus les moyens de s’acheter du jour (de l’arrêté) au lendemain (début de la répression des contrevenants) un (bon et sûr) casque par personne.
C’est ce que montre avec humour un certain nombre d’images circulant en ce moment sur les réseaux sociaux, illustrant une inventivité pas toujours si éloignée que ça de la réalité, pour contourner le problème. J’aime bien ces deux photos qu’on m’a transmises (je n’ai malheureusement pas la source de celles-ci ni n’ai pu en prendre moi-même):
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Blague à part, ça ne règle  pas le problème des bébés que leur maman transportent, ne pouvant pas les laisser seuls à la maison (inutile de vous expliquer qu’ici le « mode de garde » des bébés n’a rien à voir avec ceux en usage en France, c’est tout simplement un concept inexistant pour une part de la population faute de moyens là encore)…

Il se murmure gronde d’ailleurs que le zèle impitoyable (avec ou sans préfixe) et impopulaire (là le préfixe s’impose) de la police pour faire appliquer cette mesure risque de la rendre tout à fait contre-productive voire explosive, comme en témoigne par exemple cet article  – toutes critiquables que soient la « rigueur » et la finesse de son analyse (bon courage pour la lecture)… Autres articles ici et .

En tout cas, parmi les réformes à mener au Bénin, celle de la conduite (au propre et au figuré) des usagers de la route est en effet un vaste chantier (ah oui tiens au fait, les casques de chantier en guise de casque de moto c’est du déjà vu de mes propres yeux), car j’avais oublié en 6 mois d’absence à quel point, même si c’est dur à écrire, on est ici au pays des chauffards (non respect du code de la route à tous les coins de rue et ignorance totale des piétons).

A part ça, aux nouvelles de ce soir, il se murmure aussi par la bande que la fièvre Ebola aurait fait son entrée au Bénin, avec un cas (nigérian) à Porto Novo et 4 cas suspects au CNHU de Cotonou. Sinon tout va bien, et vous ?

Eyi zaandè…

 

 

Sans commentaire. Photo prise en face de la maternité, au carrefour (clic dessus pour l’agrandir). :-)
Je pourrais aussi ajouter les panonceaux qui fleurissent sur les poteaux de feux tricolores, citant des versets de la Bible ou appelant les ouailles égarées à la repentance, mais je n’en ai pas encore immortalisé…

Jesuspourreussir

Eyi zaandè !