Archives des articles tagués Cotonou

Ce soir était inaugurée la première exposition en solo du plasticien et sculpteur béninois Marius Dansou, qui présente le fruit d’un long travail sur les nattes africaines entrepris depuis 3 ans.

Ces têtes sont toutes pareilles, mais la coiffe change. Au Bénin on dit que la société se raconte sur les têtes, dans la coiffure de l’être. L’oralité transmet les paraboles, les règles de vie, et la coiffure reflète la place sociale du personnage. Marius propose ses têtes : celle à la ligne épurée, à la courbe neutre et l’occiput universel ; pour ensuite développer la fibre capillaire. 

Tressé, torsadé, travaillé avec une infinie variété de formes, le fer rivalise de légèreté et d’élégance avec ces têtes aux cous graciles pour élancer vers le ciel de majestueuses coiffures.

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Une exposition qui vaut vraiment le détour, à voir du 10 mai au 10 juin.
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Eyi zaandè !

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Je reviens d’un concert comme je n’en avais plus entendu depuis… au moins… hum, longtemps : Les Ogres de Barback étaient sur scène à l’Institut Français ce vendredi pour y jouer leur spectacle d’anniversaire de leurs 20 ans (+2 !) monté en compagnie de l’excellentissime fanfare béninoise Eyo’nle ! (« Réjouissons-nous » en yoruba)

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« A force de se croiser sur différents festivals, les Ogres de Barback et la fanfare Eyo’nlé ont commencé à échanger, à rêver ensemble. Après leur venue au Bénin, les Ogres ont proposé à Eyo’nlé de les accompagner pendant la tournée de leur 20 ans. C’est suite à l’expérience magique de la scène ensemble que l’idée d’une collaboration approfondie a émergé : créer un répertoire commun, nourri des rythmes propres à chacune des formations !  » (source : IFB )

Si les premiers ne sont pas une découverte pour moi (je me souviens avec émotion les avoir vus en concert au Cirque en dur d’Amiens à leurs tout débuts, alors que j’étais moi-même une jeune étudiante – mon  Dieu mais est-ce possible ?comme le temps passe vite !), les seconds (comprenant aussi  une fratrie) sont en revanche une vraie révélation en ce qui me concerne ! Quelle pêche, quel son chatoyant, quelle précision, quelle générosité dans le jeu ! Tout cela allié à l’énergie enflammée que les 4 frères et soeurs n’ont pas laissée s’éteindre au fil des années, à des reprises de leurs plus anciens succès réorchestrés (comme « La femme du guerrier » dont le texte me donne toujours des frissons) et de quelques chansons arrangées à la « sauce Ogres » de sources d’inspiration de référence dans la chanson française (Brassens, Pierre Perret ou Renaud) (parmi leurs autres influences aussi diverses que variées), mais surtout à une vraie rencontre de deux répertoires musicaux qui se mêlent intimement pour donner tout son sens au terme de « métissage » culturel si souvent galvaudé.

Jouer à Cotonou, même dans une telle configuration, n’est pas si simple, le public n’est pas forcément acquis d’avance, même parmi les yovos, et pourtant, à la fin du concert, toute réserve naturelle surmontée (à commencer par la mienne), tout le public finit debout, galvanisé et réjoui ! Paris gagnant donc ! Et dire que j’avais failli renoncer à y aller, quelle erreur et quels regrets c’eût été ! Et tout ça pour la modique somme de …? 6 euros (parce que je ne suis pas adhérente cette année, honte à moi !). La vie est belle.

Je vous invite vraiment de tout cœur à aller écouter les quelques morceaux du double album des 20 ans (CD1) en libre accès sur le site officiel des Ogres, de même que les titres disponibles à l’écoute sur le site d’Eyo’nle Brass Band (par exemple leur version du « Poinçonneur des Lilas » !), et vous saurez quoi m’offrir  pour mon anniversaire (ceci est un message non subliminal) ! ;)

Eyi zaandè !

 

Coucou, me revoilou…

Du toit-terrasse d’un immeuble de 3 étages, vue sur la mer pas tellement glamour… vue sur un immeuble coloré…
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en redescendant au sol, pas beaucoup plus glam…
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et en repassant le pont vers l’ouest, ce « MacBouffe », qui m’amuse à chaque fois.

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Eyi zaandè !

« Dantokpa in situ », c’est le titre judicieux d’une exposition que j’ai adorée, à laquelle j’ai eu le plaisir d’accompagner des élèves vendredi matin , à la veille de sa clôture.
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Nous avons eu la chance d’être guidés par le photographe en personne, Stéphane Brabant, un professionnel chaleureux et très accessible, et nous avons littéralement plongé dans l’ambiance de son projet grâce aux grands formats exposés dans le jardin de l’IFB.
Comble de gentillesse, les élèves ont été autorisés à prendre des photos de l’expo, et moi comme je ne voulais pas prendre des photos toute nazes avec mon téléphone, Stéphane a accepté de me prêter quelques-unes de ses photos pour que je puisse les publier ici, et je l’en remercie sincèrement. L’ensemble des photos présentées ci-après sont donc de lui.

Avant de vous les montrer, quelques mots donc sur Dantokpa : c’est le nom d’un marché de Cotonou, qui passe pour le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest (il s’étend en effet sur 18 hectares), et où on trouve absolument tout (tissus, vivres, bijoux, perles, matériels et équipements divers… et même fétiches) ! Ouvert quasiment 24h sur 24 (pas au public, mais pour les personnes qui y travaillent), c’est un endroit fascinant, grouillant de vie et d’activité;  j’ai eu l’occasion de m’y rendre 2 ou 3 fois (petite ambiance), accompagnée (sinon je me serais perdue à coup sûr !), mais jamais je ne me sentirais capable d’y prendre des photos.

Raison de plus pour admirer l’oeuvre en immersion de Stéphane Brabant, qui y a mené (et y mène encore) un travail de rencontres et de prises de vues qui montrent l’endroit à la fois dans son quotidien et sa diversité, mais sous des angles souvent inattendus et saisissants. Par exemple voici une vue d’ensemble des toits en tôle des étals qui entourent le bâtiment central (le seul en dur) à perte de vue :
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Comme ici rien ne se perd,  « les plastiques » après moults tris et rinçages, reprendront une nouvelle vie; les « bonnes dames » les rachètent pour s’en servir à diverses fins :
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La population de Dantokpa est essentiellement composée de femmes, qui vendent, et de leurs enfants qui travaillent ou les accompagnent seulement lorsqu’ils sont trop petits pour travailler :
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L’activité descend  (ou se déverse ?) jusqu’aux berges, peu reluisantes, de la lagune, où accostent des bateaux-taxis :
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Enfin, cette dernière photo est l’une de mes préférées, par sa composition, ses couleurs, et la scène totalement surréaliste du marché se faufilant jusque sous le pont d’Akpakpa (le « nouveau » pont) :
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Crédits photos : S.Brabant

Pour en voir plus de Cotonou à travers les yeux de Stéphane Brabant, qui est aussi réalisateur, allez donc voir son clip « We are happy from Cotonou ». Et son label : afrikafun

Cette exposition m’a vraiment donné envie de me remotiver à ressortir mon appareil pour retenter de faire quelques photos d’ici. Ça tombe bien, je suis en vacances à la fin de la semaine, voici un petit défi personnel à relever…
Eyi zaandè !

Sans commentaire. Photo prise en face de la maternité, au carrefour (clic dessus pour l’agrandir). :-)
Je pourrais aussi ajouter les panonceaux qui fleurissent sur les poteaux de feux tricolores, citant des versets de la Bible ou appelant les ouailles égarées à la repentance, mais je n’en ai pas encore immortalisé…

Jesuspourreussir

Eyi zaandè !

Chers concitoyennes et chers concitoyens,

Dans le souci d’apporter une amélioration qualitative et quantitative aux fonctionnements des services publics de la ville (Services de la Mairie, SONEB, SBEE, Bénin Télécom etc…), de faciliter le repérage des entreprises implantées à Cotonou et la circulation des usagers, la Ville de Cotonou modernise et met en oeuvre son adressage à partir d’octobre 2013.

(…) L’opération d’adressage consiste à identifier toutes les rues de la ville, au moyen : soit des voies déjà dénommées, soit par l’attribution d’une « numérotation géographique » basée sur le numéro de l’arrondissement (en attendant leurs dénominations définitives). Le nom ou le numéro de la rue sera indiqué à l’angle des rues sur des plaques qui seront fixées sur des murs ou sur des poteaux.

Enfin, à l’entrée de votre concession , de votre immeuble ou de votre lieu de travail, il sera affecté un numéro de porte.Ce numéro, associé à celui du numéro ou du nom de la rue constituera votre adresse définitive.

(…) « JE SUIS UN CITOYEN DE LA VILLE DE COTONOU ET J’AI UNE ADRESSE »

Si je me réjouis par principe de cette modernisation d’envergure, j’avoue que la logique du système m’échappe quelque peu : j’ai le numéro 56, mes voisins immédiats ont les numéros 48, 40, 32, et 22 pour la maison plus grande au bout de la rangée. Les numéros ne se suivant pas (et n’étant pas attribués de 8 en 8 dans chaque rue), je ne suis pas très sûre que ça facilite la circulation des usagers, et je pense que ça va d’ailleurs prendre du temps pour entrer dans les usages quotidiens… Et puis, après la remise d’un premier certificat d’adressage en fin de semaine dernière, le binôme de la cellule  est repassé hier pour rectifier une erreur : on nous avait donné le nom de rue du boulevard adjacent, or nous ne sommes pas situés sur ce boulevard même…

Bref, je ne changerai pas mes habitudes de correspondance pour le moment, et continuerai à utiliser l’adresse par boîte postale de l’école pour mon courrier usuel… ^^

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Une devanture qui me fait toujours sourire quand on passe devant, au bord de la voie avant d’arriver à Porto-Novo (prise à travers la vitre de la voiture) : s’appeler Constant et utiliser son diminutif peut parfois prêter à… « con-fusion ». ^^
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Et une autre enseigne dans la rue de la pâtisserie Jean Valjean à Cotonou, un peu anachronique (évidemment depuis les téléphones portables la cabine n’est plus en fonction) mais toujours là. Depuis le temps que je voulais la prendre en photo aussi, celle-là…
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Eyi zaandè !

Samedi dernier, Abi m’avait proposé de l’accompagner dans un tour en avion privé au-dessus de Cotonou. Je vous laisse deviner si j’ai hésité longtemps avant d’accepter !
En plus, le temps était clair et le vol parfait car nous avons eu la chance et l’honneur d’être pilotées par l’Attaché de Défense près l’ambassade de France, le colonel Deuwel, grâce à qui nous avons passé une grosse demi-heure à nous réjouir comme des gamines des paysages découverts depuis le ciel (lorsque je décolle et atterris avec Air France, c’est toujours dans la nuit noire, et la découverte de ce paysage était donc une grande première pour moi).
Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand.

Nous avons décollé face à la mer et avons longé le quartier de Fidjrossè et un  bout de la route des pêches au-dessus de l’eau…
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…avant de prendre vers l’intérieur des terres. Nous avons croisé la route de Ouidah…
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…puis avons piqué vers le village lacustre de Ganvié, au bord du lac Nokoué, où les pêcheurs ont une bien poétique façon d’entourlouper les poissons :
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En retournant vers Cotonou nous avons eu un aperçu de l’immensité du lac :
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Puis nous avons retrouvé la ville. La place sainte-Cécile à Aïdjèdo (au fond, près du pont, l’emplacement du fameux et gigantesque marché de Dantokpa) :
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La place de l’Etoile Rouge, héritage de la Révolution (pour aller dans la direction de chez moi, il faut prendre l’avenue qui passe devant le grand immeuble à droite) :
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J’espère que la balade vous a plu et rafraîchi l’esprit autant qu’à moi.
Eyi zaandè !

Coups d’oeil à travers la ville… sous le soleil d’avant-hier exactement (31°C). Le dimanche ici n’est pas un jour de repos pour tout le monde, mais…
(Photos cliquables pour voir en plus grand, comme d’hab’ sauf que l’interface et la procédure ont changé : cliquez d’abord sur l’image, une nouvelle page s’affiche : cliquez sur « 2000×1339 » ou  « 2000×1339 » en orange à gauche de la photo)

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Eyi zaandè !

Le début de ce qui pourrait devenir une longue collection, tant pullulent les enseignes amusantes, étonnantes ou pittoresques.


« Un dimanche soir, Maubert Isabeau, boulanger sur la place de l’église, à Faverolles, se disposait à se coucher, lorsqu’il entendit un coup violent dans la devanture grillée et vitrée de sa boutique. Il arriva à temps pour voir un bras passé à travers un trou fait d’un coup de poing dans la grille et dans la vitre. Le bras saisit un pain et l’emporta. Isabeau sortit en hâte ; le voleur s’enfuyait à toutes jambes : Isabeau courut après lui et l’arrêta. Le voleur avait jeté le pain, mais il avait encore le bras ensanglanté. C’était Jean Valjean. » Les Misérables, Tome I, Livre II, chapitre 6