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C’est le titre d’une exposition qui s’est tenue à l’IFB du 14 avril au 29 mai, je suis donc en retard pour en parler…
« Et si au XXIIe siècle nos habits étaient composés seulement d’objets recyclés ? Bouts de plastique, gobelets et sachets tressés, canettes et sacs de lessive… »

Il y a donc deux mois (déjà !) que  j’ai assisté, lors du vernissage, à un drôle de défilé de robes (de plage, de bal, de cocktail) toutes spectaculaires voire parfois sculpturales, en matériaux recyclés en tous genres (gobelets, sachets plastiques divers, sacs de riz, canettes de métal découpées…) signées Prince Toffa, couturier plasticien béninois, et portées par des mannequins… masculins. Evénement inaugurant une exposition de magnifiques photos en N&B de Sophie Négrier, photographe, desdites robes portées en extérieur par leur créateur, robes dont certains modèles étaient exposés aussi, telles des installations. C’était bien beau à voir, un travail commun plein de créativité, et l’occasion de réfléchir, qui à notre rapport aux déchets que nous produisons et à leur recyclage (et il y a du boulot dans cette partie du monde, où malgré la récup’ on est bien loin d’enrayer le fléau de la pollution par les emballages), qui au rapport entre art et société de consommation, entre création et pragmatisme, qui au genre des vêtements dans la culture occidentale, en se rappelant que par le passé et même encore à présent, dans diverses cultures, les hommes portèrent ou portent des « robes » sans déchoir de leur virilité (ce qui était bel et bien le cas des modèles défilant ce soir-là)…

Impossible de ne pas voir de malicieuse provocation derrière le titre de l’exposition, car au plan du confort et de l’aspect pratique, je ne vois pas comment de telles créations seraient portables, mais la question a le mérite d’être posée… et elle le reste pour l’instant même si l’expo est finie.

C1 - Et si le XXII eme siecle©sophie negrier_ C2 - Et si le XXII eme siecle - Prince Toffa©sophie negrier_

« Dantokpa in situ », c’est le titre judicieux d’une exposition que j’ai adorée, à laquelle j’ai eu le plaisir d’accompagner des élèves vendredi matin , à la veille de sa clôture.
Affiche_Dantokpa_small
Nous avons eu la chance d’être guidés par le photographe en personne, Stéphane Brabant, un professionnel chaleureux et très accessible, et nous avons littéralement plongé dans l’ambiance de son projet grâce aux grands formats exposés dans le jardin de l’IFB.
Comble de gentillesse, les élèves ont été autorisés à prendre des photos de l’expo, et moi comme je ne voulais pas prendre des photos toute nazes avec mon téléphone, Stéphane a accepté de me prêter quelques-unes de ses photos pour que je puisse les publier ici, et je l’en remercie sincèrement. L’ensemble des photos présentées ci-après sont donc de lui.

Avant de vous les montrer, quelques mots donc sur Dantokpa : c’est le nom d’un marché de Cotonou, qui passe pour le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest (il s’étend en effet sur 18 hectares), et où on trouve absolument tout (tissus, vivres, bijoux, perles, matériels et équipements divers… et même fétiches) ! Ouvert quasiment 24h sur 24 (pas au public, mais pour les personnes qui y travaillent), c’est un endroit fascinant, grouillant de vie et d’activité;  j’ai eu l’occasion de m’y rendre 2 ou 3 fois (petite ambiance), accompagnée (sinon je me serais perdue à coup sûr !), mais jamais je ne me sentirais capable d’y prendre des photos.

Raison de plus pour admirer l’oeuvre en immersion de Stéphane Brabant, qui y a mené (et y mène encore) un travail de rencontres et de prises de vues qui montrent l’endroit à la fois dans son quotidien et sa diversité, mais sous des angles souvent inattendus et saisissants. Par exemple voici une vue d’ensemble des toits en tôle des étals qui entourent le bâtiment central (le seul en dur) à perte de vue :
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Comme ici rien ne se perd,  « les plastiques » après moults tris et rinçages, reprendront une nouvelle vie; les « bonnes dames » les rachètent pour s’en servir à diverses fins :
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La population de Dantokpa est essentiellement composée de femmes, qui vendent, et de leurs enfants qui travaillent ou les accompagnent seulement lorsqu’ils sont trop petits pour travailler :
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L’activité descend  (ou se déverse ?) jusqu’aux berges, peu reluisantes, de la lagune, où accostent des bateaux-taxis :
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Enfin, cette dernière photo est l’une de mes préférées, par sa composition, ses couleurs, et la scène totalement surréaliste du marché se faufilant jusque sous le pont d’Akpakpa (le « nouveau » pont) :
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Crédits photos : S.Brabant

Pour en voir plus de Cotonou à travers les yeux de Stéphane Brabant, qui est aussi réalisateur, allez donc voir son clip « We are happy from Cotonou ». Et son label : afrikafun

Cette exposition m’a vraiment donné envie de me remotiver à ressortir mon appareil pour retenter de faire quelques photos d’ici. Ça tombe bien, je suis en vacances à la fin de la semaine, voici un petit défi personnel à relever…
Eyi zaandè !