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Aujourd’hui, je publie un petit texte produit l’an dernier lors d’un stage pro sur les ateliers d’écriture créative en milieu scolaire. Le contenu n’a donc aucun lien direct avec l’humeur du moment, je suis juste assez satisfaite du résultat, d’autant que ce texte a été écrit « sous contraintes » (notamment à partir du « Poème à crier dans les ruines » d’Aragon) .  Du coup, au lieu de le laisser dormir au fond d’un cahier, j’ai décidé de le partager. Je serai ravie d’en recevoir des critiques pourvu qu’elles restent constructives.

Sois rage ô ma colère et coule des jours haineux
Les raisins du tonnerre vendangent ta vengeance
Sois rage ô ma fureur
Sois rouge ô ma colère et hurle tes raisons
Crie mens châtie
Mens châtie
Divinement
Les hurlement des foules
Désespérées déraisonnables découragées
Sois noire ô ma fureur et roule ton tonneau
Vide ton outre et remplis ton être
Remplis ton seau
Des raisons des raisons
Déraison déraison
Les zébrures électriques de ton hoquet collent à l’air
De ce requiem échevelé et lyrique
Sois verte ô ma rancune
Sois grise sois crise
Sois blanche comme l’écume
Sois puissance sois douceur
Sois lourde sois sourde
Ma rage châtie crie mens hurle mens crie
Châtie
Mens
Sois sage ô ma colère et coule des jours heureux

Voilà voilà… Eyi zaandè !

J’aime toujours être à côté du hublot dans l’avion, surtout dans le sens Paris-Cotonou : quand il n’y a pas de mauvais temps, comme ce 2 janvier, c’est un inlassable plaisir de voir le ciel changer au fil du voyage.
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Les très moches petites pétouilles que je n’ai pas réussi à maquiller sont dues aux cristaux de givre à l’extérieur de la vitre…
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Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
(…)
— Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

extrait de L’Invitation au voyage, de Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857)
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A destination, après une grosse demi-heure de guet devant le tapis croulant poussif et gémissant, plus chanceuse que certains de mes voisins de tapis qui commençaient à douter, devant la valse des bagages, que l’attente pour les récupérer soit inférieure aux 6h du vol ^^, j’ai fini par retrouver mes deux valises avec toutes leurs roulettes ;-), mon chéri et ma maison à 30°.
Eyi zaandè…

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s’oublie
Aux soleils couchants.
Et d’étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
A des grands soleils
Couchants sur les grèves.

Paul Verlaine, Soleils couchants, Paysages tristes, Poèmes saturniens (1866).


Cozes (17), 31 juillet 2012, 21h22.

PS: je vous rassure, aucun message subliminal ni coïncidence entre le poème et mon état d’esprit, juste une association d’idées entre le vu et le su ;-)

Talmont-sur-Gironde, Mornac-sur-Seudre, Le Verdon-sur-mer… j’y ai fait collection de bleu(s).







Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue:
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l’amour infini me montera dans l’âme;
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud, Sensation (mars 1870)

J’aime les ciels chargés, moutonneux, menaçants, les épaisses nuées, les promesses d’orages, la senteur de la terre épandue par les vents, et les premières gouttes criblant les feuillages.